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June 22, 2022

L’action directe contre l’informatisation (1960-1990) – Félix Tréguer

Pub. le 14/06/ 2019 par @Felix_Treguer
Que l'on retrouve ici https://www.monde-diplomatique.fr/2020/01/TREGUER/61229 ( 2020 ) commentant la liberté dans le comas ( todo .bib )... actuellement épuisé.
Datant de 2013 ... édité par @La_Lenteur ( radicalités anti.tech garanties )
https://librairie-quilombo.org/La-liberte-dans-le-coma
.... que j'ai découvert via le tres bon podcast militant @Floraisons
Compter, gérer, exploiter (avec @Matthieu_Amiech)
https://floraisons.blog/compter-gerer-exploiter/
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Voilà comment commence l'article de Félix :
" Dans la généalogie politique de l’informatique et plus encore dans l’historiographie dominante d’Internet, les oppositions néo-luddites sont largement négligées.

Parmi les acteurs ayant contribué d’une manière ou d’une autre à façonner ces technologies et les discours à leur endroit avant les années 1990, on évoque souvent les scientifiques humanistes de l’après-guerre et les hippies technophiles des années 1960 (voir par exemple les travaux de Fred Turner). Ensemble, ils ont contribué à extirper l’ordinateur des grandes bureaucraties en promouvant des machines plus petites, conçues comme des outils de libération individuelle, avec toutes les impensées qui furent les leurs (et les nôtres devrait-on dire, puisque leurs espoirs et utopies ont aussi largement influencé les discours dominants à l’endroit d’Internet…). Dans l’histoire du droit à la protection des données personnelles, on aborde aussi parfois les informaticiens, chercheurs ou juristes qui, dès les années 1960, ont alerté l’opinion et les législateurs quant aux risques de ces technologies pour la vie privée.

Dans cette littérature, les oppositions plus fondamentalement technocritiques qui agitent la Nouvelle Gauche à partir des années 1960, et pour lesquelles l’ordinateur constitue une machine par essence technocratique et guerrière, apparaissent souvent comme une simple toile de fond. On s’intéresse en réalité assez peu à ces acteurs, à leurs discours ou à leurs pratiques d’opposition à l’informatique.

Des travaux récents ont commencé à corriger ces lacunes historiographiques, principalement aux États-Unis. L’anthropologue Gabriella Coleman a par exemple rappelé (pdf) la filiation entre les hackers des années 1980 aux États-Unis et des groupes radicaux inspirés par l’action directe non-violente, comme les Yippies. Plus récemment encore, dans Surveillance Valley (2018), le journaliste Yasha Levine a mis la main sur des archives oubliées documentant l’opposition d’organisations militantes comme les Students for Democratic Society (SDS) à l’ARPANET, au tournant des années 1960. L’auteur raconte comment l’ARPANET, qui fut le premier réseau à commutation par paquets et est généralement présenté comme l’ancêtre d’Internet, fut dénoncé lors de manifestations étudiantes pour ses liens avec le complexe militaro-industriel, tout en étant également impliqué dans des scandales liés à la surveillance des mouvements sociaux par les services secrets américains.

Une histoire oubliée… "

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Un texte qui rappelle comment raconter l'ambiguïté hippie vàv des tech ( @Fred_Turner pour ne citer que lui ) participe au récit émancipateur qu'on leur acolle ... mais surtout les mises sous silences des mouvements contestataires .

Via :
https://montjoies.com/clodo/